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Ma passion pour l’harmonica a débuté
il y a près de 20 ans. L’instrument m’a choisi un soir ou
j’étais allé voir un spectacle de Bob Walsh avec son
harmoniciste, Guy Bélanger. J’ai su à ce moment que l’harmonica
et moi ferions un long voyage ensemble. J’ai toujours voulu arriver
au point où je me sentirais en complète harmonie avec mon
instrument et ce, afin de me mettre, ainsi que mes harmonicas, au service
d'une mélodie et d'un texte. En effet, un de mes objectifs comme
harmoniciste est de m’identifier au message d’un auteur dans le but de
bonifier une pièce, et ainsi déplacer l’émotion vers
l’auditeur, ce qui est un défi en soi car cette relation auteur-musicien
pousse les limites de l’objectivité musicale, de même
que la compréhension de ses propres émotions.
Au fil des ans, le goût de sortir des
sentiers musicaux traditionnels, dans lesquels plusieurs ont tendances
à positionner l’harmonica, s’est fait sentir. Cette
grande valeur qu’est la liberté d’expression, si chère à
tous et si difficile à assumer, l’est tout aussi pour le musicien.
Le juste équilibre entre l’expression musicale et le harassement
du sens auditif de ses voisins mène vers la recherche d’une harmonie
qui permet l’expression aux frontières de ma zone de confort.
Afin de pouvoir m’exprimer musicalement, de
façon honnête et en toute liberté, j’ai clopiné
vers divers horizons musicaux. À travers cette démarche,
qui par moment s’apparentait plus à une cavale, le soliste s’est
transformé en mélodiste.
Ma signature sonore a mûri vers un phrasé
musical à tendance véloce et une tonalité cristalline.
Les saveurs latines et africaines teintent parfois mon jeu d’un son vaporeux
et l’attaque du phrasé est typiquement occidentale. L’influence
des guitaristes rock est omniprésente dans mon son. Conséquemment
la dynamique de mon jeu est très « guitaristique ».
Mon projet musical se fonde donc sur la diversité et l'émotion.
La vie m’a fait de merveilleuses surprises.
Une de celles-ci est ce court détour où j’ai vécu
3 ans dans l'Ouest canadien. Là-bas, je suis tombé éperdument
amoureux des majestueuses prairies. Cette géographie est faite sur
mesure pour un assoiffé de liberté comme moi. L’horizon
sans fin, l‘omniprésence du vent, les champs de blé qui se
transforment en océan blond par grandes brises et les couchers de
soleil totalement hallucinants ont exacerbé une sensibilité
bien musicale.
En terme d’influences musicales, les Colocs
sont indéniablement importants dans mon évolution musicale.
La façon dont Pat Esposito pouvait créer sur une musique
"urbaine", fut pour moi une initiation au "risque". Guy Bélanger
est sans contredit pour moi l'harmoniciste qui incarne le plus le professionnalisme,
l'émotion et l'authenticité. Je reviens régulièrement
me ressourcer dans ses pièces afin de rester connecté à
l'essentiel.
Jimmy Bourgoing ex-batteur des Colocs et membre
fondateur du groupe «Travelling Band», par sa gentillesse et
sa sollicitude, a inscrit une nouvelle escale dans ma vie musicale. En
effet, il n'y a pas si longtemps je pensais accrocher mon micro......,,,
mais, il a su par quelques mots, inspirer en moi une réflexion qui
a abouti avec le projet d’album « Café des solitudes».
Guy Bélanger, qui par ses encouragements
et sa générosité, m'a permis de voir une petite lumière
scintillante dans les nuages et de vraiment croire que j’avais ce qu’il
fallait pour poursuivre ma route toute musicale.
Ma rencontre fortuite avec Sylvain Charest,
ingénieur de son et multi-instrumentiste génial, fut sans
contredit pour moi, la fin d’un parcours chaotique et le début d’une
collaboration et amitié authentiques. Cette association
m’a propulsé sur une route pavée par la créativité
et l’innovation. Par son coaching, son amitié et ses conseils,
il me permet de pousser mes limites musicales. Cette complicité
musicale m'a réconcilié avec cet univers éthéré
qu'est la musique.
Sylvain
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